LES ARMURES DE SATIN

Dans le quartier Notre-Dame-des-Laurentides, à Charlesbourg, une vingtaine de femmes aînées embellissent leur collectivité à leur manière. Chaque semaine, elles se réunissent pour échanger sur leurs expériences, leurs passions, leurs connaissances. Elles prennent part à des sorties et à des conférences. Elles réalisent des travaux d’artisanat et de tissage. L’Association féminine d’activités multiples (L’A.F.A.M.) enrichit ainsi la vie socioculturelle de son milieu depuis 1977.

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L’artiste Annie Baillargeon est allée à la rencontre de ces femmes. Les photos que vous découvrirez dans ce parcours découlent d’ateliers menés avec elles. Dans une démarche complice et généreuse, les membres du collectif explorent la richesse des liens qui les unissent. Guidées par la créatrice, les participantes jettent un regard original sur le travail de leurs mains, leur rapport à la nature ou leur sens du jeu. Il en résulte plusieurs images vivantes et colorées. Ces œuvres respirent l’amitié et les valeurs chères au groupe : l’optimisme, la joie, l’accueil, le respect, l’humour et la simplicité. La série donnera naissance à une œuvre permanente, un « bijou » d’art public qui sera installé au parc Bon-Pasteur dans l’année à venir

Célébrer la solidarité féminine

Annie Baillargeon propose avec cette création une célébration de la solidarité féminine. Les fleurs symbolisent l’affection que ces dames se portent mutuellement, alors que leurs mains évoquent leur tradition artisanale. L’œuvre souligne la force collective du groupe. Elle met en lumière tout le potentiel de ce lieu de partage d’expériences et de savoir-faire. Enfin, elle rappelle l’importance du legs féminin qui, d’une génération à l’autre, jette des ponts entre le passé et l’avenir.

Un

PROJET DE SCULPTURE À VENIR (PRINTEMPS 2023)

Les armures de satin, à la mémoire des sororités passées et futures.

Sur le lègue de la transmission intergénérationnelle de la féminité, le projet valide comment ce lègue féminin peut traverser le temps par l’échange entre deux générations. Comment il est possible de tisser un lien pour ainsi mettre de l’avant une transfiguration de la féminité à l’honneur du travail des femmes.

 

 C’est pourquoi, l'artiste a voulu reproduire comme forme générale le médaillon de sa grand-mère maternelle. Ce bijou très signifiant pour cette génération de femme fait appel au souvenir et à l'héritage de l’identité féminine. Il fut pertinent pour ces femmes et moi de mettre comme symbole cette forme comme marque de passage d’une génération importante de femmes. Les souvenirs de fraternités gravés dans la mémoire de chacune qui inspireront les générations futures.

 

Être entre femmes est aussi important. Au début de ma vie de femme, avoir un groupe juste pour moi s’avérait être un moment d’indépendance dans ma vie… Avoir son groupe, ses amies propres à soi, où les sujets de discussion sont différents, où les intérêts sont différents, voilà un pas de plus pour me faire grandir et pour m’épanouir. »

Lise

« Le privilège de vieillir en côtoyant d’autres femmes qui sont solidaires, s’écoutent, se soutiennent et partagent avec leurs forces et leurs limites. Je suis chanceuse de faire partie d’un groupe qui me fait penser à un magnifique collier de perles, que chacune de nous a enjolivé par sa nuance, sa couleur et sa particularité. »

Madeleine

« Alors, comme par magie et de façon toute naturelle, au fur et à mesure que les filles arrivent, que les activités commencent, c’est comme si les pièces du casse-tête s’emboîtaient toutes seules harmonieusement. Chacune trouve sa place, les choses s’organisent d’elles-mêmes sans directives. C’est comme un réflexe d’adaptation au groupe qui se produit facilement, les unes s’adaptent aux autres pour former un tout harmonieux sans qu’il soit nécessaire que des personnes interviennent. »

Christine

« Ces amies qui m’ont accueillie avec joie et en toute simplicité… Ces amies deviennent des confidentes et sont à l’écoute de chacune. Elles sont inspirantes et les liens se tissent d’une semaine à l’autre. »

Céline